Ericsson : Equipementiers télécoms

Ventes et commandes en baisse

Lors de la publication des résultats 2T 02, le groupe n’avait fourni aucune prévision sur l’évolution à court terme de l’activité et des résultats. Après les différents updates et autres avertissements sur les résultats des grands équipementiers mondiaux, Ericsson a publié un communiqué le 30 septembre évoquant un déclin des ventes sur son 3ème trimestre 2002, et “plus spécialement” un recul des commandes.

Recul des ventes estimé à 32 %

Nous tablons sur la poursuite des difficultés chez Ericsson, avec un recul des ventes de 32 % sur 12 mois et de 16.7 % en séquentiel. Ces prévisions reposent essentiellement sur le recul du carnet de commandes enregistré au trimestre précédent, recul de 35 % sur 12 mois. Depuis la publication des derniers résultats, Nokia et Nortel, entre autres, sont venus confirmer le tassement de la demande sur le marché des infrastructures mobiles, activité qui pèse plus de 80 % dans le chiffre d’affaires d’Ericsson. Qui plus est, le groupe est l’un des plus exposés au marché chinois dans l’univers des équipementiers, marché sur lequel il a réalisé 12 % de ses ventes au cours du 1er semestre 2002. En Europe (46 % des ventes), les opérateurs ont mis depuis le début de l’année un sévère coup d’arrêt à leurs CAPEX.

Dégradation des marges

Nous estimons que les mesures de restructurations mises en place en début d’année n’auront qu’un impact limité dans les résultats. Ce facteur, conjugué à la poursuite du recul de l’activité, devrait déboucher sur une nouvelle détérioration des résultats d’exploitation des activités récurrentes. C’est ainsi que nous tablons sur une perte d’EBIT (hors frais de restructurations et plus ou moins-values de cession) supérieure à SEK3.5 Mds, contre une perte de SEK2.7 Mds au trimestre précédent.

Perte nette estimée à SEK7.5 Mds

Les mesures de restructurations (SEK3.5 Mds de charges estimées sur le 3T 02) pèseront sur les résultats trimestriels. C’est ainsi que nous envisageons la publication d’une perte nette proche de SEK7.5 Mds.

Point mort à SEK120 Mds de CA annuel

Les mesures de restructurations visent à rétablir le niveau du point mort sur la base d’un chiffre d’affaires annuel de SEK120 Mds. C’est sur cette base que la direction du groupe suédois persiste à considérer que le retour aux profits est envisageable au cours de l’exercice 2003. Pour ce faire, le nombre d’employés, qui a déjà été réduit de 107 000 à 76 000 entre mars 2001 et juin 2002, devrait redescendre à 60 000 à fin 2003. Or, ce chiffre de SEK120 Mds repose sur une stabilisation du marché des infrastructures mobiles entre 2002 et 2003, ce compte non-tenu d’une dégradation plus forte que supposé par Ericsson sur ce marché en 2002. Ericsson table en effet sur un recul “limité” à 15 % de la demande sur ce segment sur l’année en cours, recul qui selon nous devrait être supérieur à 30 %.

Nouvelles restructurations inéluctables

Le troisième trimestre de l’année calendaire est un trimestre “normal” pour les équipementiers mondiaux. Ericsson, comme ses concurrents, va toutefois subir une érosion de l’activité que nous estimons à plus de 15 %, tandis que le carnet de commandes continue de se dégrader. Mais les plans de la direction du groupe suédois semblent reposer sur une stabilisation de l’activité au 2S 02 et sur l’ensemble du prochain exercice fiscal. Nous ne considérons pas que ce scénario est le plus plausible. Nous débouchons dés lors sur un scénario de décroissance de 15 % de l’activité Infrastructures Mobiles où le chiffre d’affaires 2003 d’Ericsson est inférieur à SEK120 Mds. D’où, à notre sens, la nécessité d’un renforcement des mesures de restructuration.

Nouvel appel aux marchés fin 2003 – début 2004

Sur la période 2S 02 – 2003, Ericsson devra rembourser SEK22 Mds de dettes (avec SEK47.1 Mds de dettes à maturité postérieure à 2003). Sur la période le total de la partie cash des restructurations annoncées portera sur SEK18.7 Mds. Compte tenu du profil de pertes de Sony Ericsson Mobile Communications, le groupe sera amené à prendre sa part au refinancement de la JV, soit SEK 500 millions en cash. Enfin, ce sont près de SEK5 Mds qui sont à risque si les banques devaient revoir les termes du plan de sécurisation des crédits-fournisseurs accordés par Ericsson. Combinés aux pertes d’exploitation, et ce même en tenant compte de l’amélioration du BFR faisant suite à la chute des ventes et aux fruits des cessions (composants à Infineon, une partie de la R&D à TietoEnator pour un total de SEK3.3 Mds), nous estimons que les quelques SEK55 Mds de trésorerie nette (cash + VMP – dettes à CT) d’Ericsson après l’augmentation de capital de SEK30 Mds seront rapidement mis à mal. Nousestimons dès lors qu’un retour sur le marché est plus que probable à l’horizon fin 2003 – début 2004, dans des conditions qui ne manqueront pas d’être dramatiques pour le groupe suédois. Si notre raisonnement est le bon, il n’existe aucune raison de revenir sur la valeur. Nous recommandons le titre à la vente.