Bilan a la fin d’annéé

Un très bon millésime – L’année boursière 2004 aura été très satisfaisante pour une grande majorité des acteurs télécoms, qu’ils soient équipementiers ou opérateurs. Parmi les grands noms du secteur, seuls Nortel (handicapé par ses problèmes comptables), Cisco et Nokia, voire AT&T et DoCoMo, finissent l’année dans le rouge. Les meilleures performances sont à mettre au crédit des acteurs du mobile, avec un Ericsson qui a surfé sur le rattrapage des investissements des opérateurs et le déploiement en masse de l’UMTS en Europe, tandis que Qualcomm a continué de profiter des succès du CDMA et de ses évolutions dont l’UMTS fait partie.

Chez les opérateurs, le “miracle” Orascom est la conséquence du fort développement du mobile dans les pays arabes, tendance qui a, d’autre part, facilité le succès de l’IPO de Maroc Telecom. Malgré la fin des spéculations sur son caractère de cible, le Britannique MM02 a fait mieux que tirer de son épingle du jeu, tandis que le fort rebond de TPSA (filiale de FTE) est essentiellement à mettre à l’actif du parcours impeccable de sa filiale mobile Centertel. Enfin, si le très bon parcours de Bouygues a beaucoup à voir avec l’annonce du versement d’un dividende exceptionnel, ce dernier est le fruit des succès du groupe hexagonal dans le cellulaire, avec un Bouygues Telecom désormais extrêmement rentable et principal pourvoyeur des cash flows du groupe.

Rentabilité et rendement… L’année écoulée a permis aux acteurs du secteur de continuer leurs travaux d’assainissement de leurs situations financières. C’est aussi bien le cas des opérateurs, qui continuent de capitaliser sur les succès de leurs branches mobiles mais aussi et, presque évidemment, chez les équipementiers qui ont bénéficié de la fin de leur longue phase de restructuration. En ce sens, l’industrie des télécoms a pris sa pleine part dans le mouvement mondial de forte croissance des bénéfices des entreprises. Ce redressement des situations financières a permis, chez les opérateurs, de mettre un nouvel accent sur la politique de rémunération des actionnaires en jouant, très souvent, à la fois sur le curseur des rachats d’actions et sur celui de la hausse des dividendes, nourrissant de ce fait un cercle vertueux. La problématique et le profil de génération de cash des équipementiers transforment les données de cette équation, mais le retour aux profits d’acteurs comme Alcatel et Ericsson promet un retour aux dividendes dès 2005, tandis que des acteurs comme Nokia et Cisco, toujours assis sur des montagnes de cash, continuent de jouer sur le rachat de titres.

A défaut de croissance – Mais l’éternelle question de la croissance demeure pleine et entière dans le secteur. Chez les équipementiers, nous avons assisté au retour à la hausse des revenus presque quatre années après l’explosion de la bulle, a fortiori pour les acteurs du monde des infrastructures mobiles. Mais les perspectives 2005 restent globalement moroses dans un contexte de poursuite de guerre des prix et de concurrence exacerbée. Chez les opérateurs, et notamment en Europe, nous assistons au tassement de la croissance du marché de mobile, sur fond de saturation des marchés, tandis que les activités dans le fixe arrivent tout juste à limiter les dégâts grâce à l’explosion de l’ADSL. La question de la croissance semble donc devoir être circonscrite à une problématique de bas de compte de résultats pour des acteurs qui n’on pas su ou pu investir sur les marchés en croissance (Amérique Latine, mobile US, par exemple). Nous nous attacherons, dès la rentrée, à présenter nos options d’investissement dans le secteur, étant entendu que nous sommes globalement négatifs sur les équipementiers et positifs sur les perspectives 2005 d’opérateurs européens qui devraient continuer à être porter par l’attrait du marché pour les valeurs de rendement.